Fraude RGE : comment fiabiliser votre réseau d'installateurs

October 7, 2026
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La rénovation énergétique est l'un des terrains les plus exposés à la fraude aux aides publiques. MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie (CEE) financent des milliards d'euros de travaux chaque année, et une grande partie de ces fonds transite par un acteur clé : l'installateur certifié RGE. Pour les sociétés mandataires, les obligés, les délégataires CEE et les réseaux d'artisans, la qualité du réseau d'installateurs est devenue un enjeu financier, réglementaire et d'image.

L'Anah a indiqué avoir détecté plus de 44 000 dossiers MaPrimeRénov' frauduleux avant paiement en 2024, pour environ 229 millions d'euros de fraude évitée. Ces chiffres ne concernent que ce qui a été repéré. Voici comment fonctionne la fraude RGE et comment la détecter avant qu'elle ne vous coûte.

Pourquoi les installateurs RGE sont la porte d'entrée de la fraude

Le label RGE (Reconnu garant de l'environnement) conditionne l'accès du client final aux aides. C'est donc lui qui « ouvre les vannes ». Un fraudeur n'a pas besoin de tromper l'administration directement : il lui suffit de se faire passer pour un installateur qualifié, ou d'en contrôler un, pour que des dossiers d'aide soient déposés en son nom.

Pour une société mandataire ou un délégataire CEE, chaque partenaire du réseau est un point d'entrée. Un seul installateur frauduleux peut générer des dizaines de dossiers non conformes avant d'être repéré.

Les 6 schémas de fraude RGE les plus fréquents

1. L'usurpation d'un installateur RGE

Le fraudeur réutilise le SIRET, la qualification RGE et parfois le nom des dirigeants d'une entreprise réelle. Les documents sont authentiques, mais ce n'est pas l'entreprise légitime qui réalise les travaux ni qui encaisse les primes.

2. Les faux documents

Extraits Kbis, statuts, attestations de vigilance URSSAF, certificats de qualification RGE, attestations d'assurance décennale ou pièces d'identité des dirigeants : tout peut être fabriqué ou retouché. Une qualification expirée dont la date a été modifiée est un cas classique. Voir notre guide sur la détection de fraude documentaire.

3. Les sociétés éphémères

Des structures sont créées pour encaisser un maximum de primes en quelques mois, puis disparaissent, souvent derrière des prête-noms. Quand les contrôles arrivent, il n'y a plus personne à qui réclamer les sommes versées.

4. Les travaux fictifs ou surévalués

Opérations déclarées mais jamais réalisées, travaux non conformes, quantités gonflées ou bénéficiaires inexistants : le dossier d'aide est construit pour maximiser la prime, pas pour refléter le chantier.

5. La sous-traitance en cascade

L'entreprise titulaire du label sous-traite à une société qui sous-traite à son tour. Les liens entre ces sociétés sont rarement visibles, et le donneur d'ordre ne sait plus qui intervient réellement chez le particulier.

6. La fraude à l'IBAN

Un changement de coordonnées bancaires, parfois accompagné d'un faux courrier, suffit à détourner les primes et les paiements vers un compte tiers.

Ce que la loi du 30 juin 2025 change

La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques renforce l'encadrement du secteur. Parmi les mesures qui concernent la rénovation énergétique :

  • l'obligation d'informer le client du recours à la sous-traitance et des labels qui conditionnent les aides ;
  • la limitation à deux rangs de sous-traitance pour les travaux aidés, à partir de 2027 ;
  • la possibilité pour la DGCCRF de suspendre une qualification RGE pour six mois renouvelables, et l'exclusion pendant cinq ans des entreprises frauduleuses ;
  • des moyens de contrôle et de recouvrement renforcés pour MaPrimeRénov' et les CEE.

Pour les donneurs d'ordre, le message est clair : la vigilance sur les partenaires doit pouvoir être démontrée, dossier par dossier.

Ce que coûte un installateur frauduleux

  • Des aides et des CEE refusés ou annulés : les travaux réalisés par un partenaire frauduleux ne passent pas les contrôles.
  • Des primes avancées perdues : une fois l'installateur disparu, les sommes versées sont difficiles à récupérer.
  • Une image de marque atteinte auprès des particuliers, des obligés et des pouvoirs publics.
  • Un risque en cas de contrôle, si vous ne pouvez pas prouver les vérifications faites.

Les contrôles à mettre en place avant d'intégrer un installateur

  1. Vérification documentaire : authenticité du Kbis, des statuts, de l'attestation URSSAF, du certificat RGE et de l'assurance décennale, avec détection des retouches.
  2. Qualification RGE à la source : validité, domaines de travaux et dates, rapprochés des données publiques de l'ADEME.
  3. Vigilance URSSAF : attestation de moins de six mois, cohérente avec le SIREN. Voir l'intégration Urssaf.
  4. Vérification des membres : représentants légaux, signataires et bénéficiaires effectifs, avec vérification d'identité du dirigeant.
  5. Analyse structurelle : sociétés liées, dirigeants communs, adresses partagées, créations récentes en série.
  6. IBAN : titulaire du compte et banque cohérents avec l'entreprise.
  7. Criblage : sanctions, gel des avoirs, presse négative sur l'entreprise et ses dirigeants.
  8. Analyse financière : liasses fiscales et bilans cohérents avec les volumes de chantiers déclarés.

Et après la signature : la vigilance en continu

Un installateur sain à l'entrée peut cesser de l'être. Les points à surveiller dans la durée :

  • l'expiration des attestations URSSAF et des qualifications RGE, avec relance automatique ;
  • les changements de dirigeants, de bénéficiaires effectifs ou d'établissements ;
  • les procédures collectives et radiations publiées dans les sources officielles ;
  • les volumes de chantiers anormaux ou les schémas répétés entre partenaires ;
  • les articles de presse qui mettent en cause un partenaire.

L'idéal est de réunir tous ces signaux dans un score de risque par installateur, expliqué, pour savoir où concentrer les contrôles.

Comment Dataleon fiabilise les réseaux RGE

Avec la solution Réseau RGE et partenaires, chaque installateur passe par un portail partenaire guidé : questionnaire, dépôt des pièces, vérification d'identité du dirigeant et signature électronique. Léon, l'assistant IA, réalise le pré-audit : anti-fraude documentaire, contrôle RGE et URSSAF, analyse structurelle, criblage. Chaque partenaire reçoit un score de risque expliqué, puis est suivi en surveillance continue. Vos analystes gardent la décision, et chaque vérification est tracée.

FAQ

Comment vérifier qu'une entreprise est vraiment RGE ?

En rapprochant le certificat fourni des données publiques de l'ADEME : numéro de SIRET, domaines de travaux et dates de validité doivent correspondre. Un certificat présenté seul ne suffit pas.

Le donneur d'ordre est-il responsable des fraudes de ses installateurs ?

Il ne commet pas la fraude, mais il en subit les conséquences : aides annulées, primes perdues, image dégradée. Et il doit pouvoir démontrer les contrôles réalisés sur ses partenaires.

À quelle fréquence contrôler un installateur ?

À l'entrée en relation, puis à chaque échéance de document et à chaque changement détecté. Une surveillance automatisée évite d'attendre une revue manuelle annuelle.

Demandez une démo pour voir comment Dataleon contrôle votre réseau d'installateurs RGE.

Auteur
Dataleon

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Questions fréquemment posées

Dataleon propose-t-il une assistance ?
Oui. Chaque client bénéficie d'un accompagnement dédié : support technique par e-mail et visioconférence, documentation complète et exemples de code pour intégrer nos API. Nos ingénieurs vous aident à cadrer vos parcours KYC et KYB, à réaliser l'intégration puis à passer en production sans interruption de service. Un interlocuteur unique reste ensuite disponible pour suivre vos volumes, ajuster vos règles de contrôle et répondre à vos questions métier comme techniques.
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