
Au 10 juillet 2027, le règlement européen anti-blanchiment (AMLR) s'applique directement dans toute l'Union. Pour les banques et les établissements de paiement, il harmonise des règles qu'ils connaissent déjà. Pour plusieurs autres métiers, c'est un changement de statut : ils deviennent entités assujetties, avec les mêmes obligations de vigilance qu'un établissement financier. Voici qui est concerné, à partir de quand, et ce qu'il faut mettre en place.
Pour une vue d'ensemble du texte, voir notre article Règlement AMLR : ce qui change au 10 juillet 2027.
Le règlement vise les négociants qui vendent, de façon régulière ou principale, des biens de luxe au-delà de seuils fixés par bien :
En France, les négociants en métaux et pierres précieuses étaient déjà assujettis. Les concessionnaires haut de gamme, les courtiers en yachts et les vendeurs d'aviation d'affaires sont en revanche nouveaux. Leur clientèle mêle particuliers fortunés et sociétés, souvent des holdings ou des structures étrangères : le contrôle porte donc autant sur le KYB que sur le KYC.
Les courtiers en crédit immobilier et en crédit à la consommation qui ne sont pas eux-mêmes établissements de crédit ou financiers deviennent assujettis. Ils sont souvent le premier interlocuteur du client : c'est à eux qu'il revient désormais de vérifier l'identité, l'origine des fonds et la cohérence du dossier, avec un risque élevé de fraude documentaire sur les justificatifs de revenus.
Le règlement intègre les holdings à activités mixtes non financières, pour assurer une application cohérente des obligations au sein des groupes. Pour ces structures, l'enjeu est d'abord organisationnel : désigner un responsable, formaliser une politique de groupe et connaître les tiers avec lesquels elles traitent.
Sont visés les intermédiaires qui accompagnent des ressortissants de pays tiers vers un droit de séjour en échange d'un investissement : immobilier, obligations d'État, prise de participation, dons. La France n'a pas de programme de ce type, l'impact y est donc limité, mais les acteurs qui opèrent depuis la France vers d'autres États membres sont concernés.
Les opérateurs d'entreposage de biens de valeur en zones franches entrent dans le périmètre. Côté immobilier, les agents sont visés y compris pour les locations dont le loyer mensuel atteint 10 000 €.
Les agents de football deviennent pleinement assujettis. Les clubs professionnels le sont pour quatre types d'opérations : celles avec des investisseurs, avec des sponsors et annonceurs, avec des agents ou intermédiaires, et les transferts de joueurs. Les États peuvent exempter les clubs à faible risque. Les flux du football passent souvent par des sociétés étrangères et des chaînes de détention opaques : c'est un cas d'école d'identification des bénéficiaires effectifs.
Quel que soit le secteur, le socle est le même :
Le recours à un prestataire est possible pour exécuter les contrôles, mais l'entité reste pleinement responsable et doit en informer son superviseur au préalable (article 18).
Dataleon met en place en quelques jours un parcours complet pour les nouveaux assujettis : portail de collecte des pièces, anti-fraude documentaire, vérification d'identité, reconstitution des bénéficiaires effectifs, criblage sanctions et PPE, score de risque expliqué et surveillance continue. Léon, l'assistant IA, exécute les contrôles et prépare un dossier prêt à décider ; vos équipes gardent la décision.
Le fondement juridique : vos obligations ne viennent plus du Code monétaire et financier mais du règlement européen. Le contenu est harmonisé et souvent plus précis, notamment sur les données à collecter et les délais.
Pour les véhicules à moteur, le seuil est fixé au-delà de 250 000 €. En dessous, la vente n'entre pas dans ce cas de figure, mais d'autres obligations peuvent s'appliquer selon l'activité.
Les États membres peuvent exempter, après évaluation, les clubs présentant un faible risque. Les agents de football ne bénéficient pas de cette exemption.
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